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Filière banane

Dans la commune de Missirah, la banane a pris la place du coton

À une trentaine de kilomètres de Tambacounda, les villages de Nguène et de Saal vivent désormais du bananier. Un reportage de Tambacounda.info détaille les surfaces, les rendements et les prix obtenus par les groupements.

Photo d'illustration : vue aérienne de bananeraies et de terres agricoles bordant un cours d'eau dans la région de Tambacounda
Photo d'illustration : vue aérienne de bananeraies et de terres agricoles bordant un cours d'eau dans la région de Tambacounda

Publié le 31 mars 2026, un reportage de Tambacounda.info s'est rendu à Nguène, Saal et Gouloumbou, trois villages de la commune de Missirah situés à une trentaine de kilomètres de Tambacounda. Il y décrit une filière que la banane a reconfigurée : dans cette partie de la région, elle a supplanté le coton comme production de référence.

Les groupements d'intérêt économique y exploitent des surfaces modestes mais organisées : vingt hectares à Yendounane, trente pour Nguène 1, soixante-dix pour Nguène 2, trente-six pour Nguène 3, auxquels s'ajoutent les trois groupements de Saal.

Le seul groupement de Nguène 3 réunit 144 producteurs sur ces trente-six hectares, et a récolté 1 200 tonnes lors de la dernière campagne. Rapporté à l'année — la campagne court du 1ᵉʳ août au 30 juillet —, cela représente un revenu de l'ordre de 500 000 francs CFA par producteur.

Le reportage détaille aussi l'économie de ces exploitations. Les producteurs écoulent leur récolte autour de 250 francs CFA le kilo en vrac, et 300 francs le kilo lorsqu'elle est conditionnée en cageot. En face, le sac d'engrais de 50 kilos revient à 15 000 francs, la journée de main-d'œuvre saisonnière à 3 000 francs, et chaque producteur avance environ 200 000 francs pour la part collective de carburant, d'eau et d'engrais.

Les variétés cultivées associent des vitroplants issus de laboratoire et la variété locale dite sankaye. Le pic de production s'étale de septembre à décembre.

Le gel des importations décidé fin 2025 a laissé une trace visible sur place : en pleine campagne, les membres du groupement décrivent jusqu'à une douzaine de camions frigorifiques venus charger la production.

Missirah n'est pas une commune quelconque pour Yellitaare : c'est à Sankagne, sur son territoire, que Mamadou Oumar Sall et ses deux frères ont planté quinze hectares au milieu des années 1990, à l'origine de tout ce qui a suivi.

Source : Tambacounda.info

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