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Filière banane

Tambacounda concentre 80 % de la production nationale de bananes

La région fournit quatre bananes sénégalaises sur cinq. Retour sur la décennie qui a fait du Sénégal oriental le premier bassin bananier du pays, et sur ce qui a rendu cette concentration possible.

Photo d'illustration : vue aérienne d'un poste de conditionnement et des bananeraies environnantes dans le Sénégal oriental
Photo d'illustration : vue aérienne d'un poste de conditionnement et des bananeraies environnantes dans le Sénégal oriental

Dans une analyse publiée le 8 août 2025, l'Agence Ecofin situe à 80 % la part de la région de Tambacounda dans la production nationale de bananes. Les bassins de Kolda, de Sédhiou et de Niandane complètent le dispositif, mais c'est bien le Sénégal oriental qui porte l'essentiel de la filière.

Cette concentration est récente. Entre 2018 et 2022, la récolte nationale s'établissait en moyenne à 34 500 tonnes par an, selon l'Agence nationale de la statistique et de la démographie. Elle a plus que doublé en 2023, à 74 776 tonnes, avant de stagner en 2024 sous l'effet des inondations, puis de franchir la barre des 100 000 tonnes en 2025.

Pour cette dernière année, l'Agence de régulation des marchés retient environ 105 000 tonnes, soit près de 40 % de plus que l'année précédente — mais 7 % en deçà de la prévision de 112 500 tonnes affichée par les autorités. Ce niveau placerait le Sénégal au troisième rang des producteurs de bananes de l'UEMOA, derrière le Mali et la Côte d'Ivoire.

Le ministère de l'Agriculture attribue cette progression au travail des producteurs regroupés au sein du Collectif régional des producteurs de bananes de Tambacounda, et à l'investissement consenti dans la filière. Le Projet d'agrégation de la chaîne de valeur banane, lancé en 2021 pour cinq ans, en est l'exemple le plus visible : doté de 6,7 milliards de francs CFA, il associe le ministère de l'Agriculture, la société Id Bio SA et le collectif régional, et vise l'accompagnement technique de 8 250 producteurs répartis dans 23 coopératives.

L'objectif de ce dispositif est de combler l'écart qui sépare encore la production de la demande nationale, estimée à près de 130 000 tonnes par an, en étendant les surfaces cultivées et en facilitant l'accès au marché, au financement et à l'assurance.

Pour Yellitaare, dont le siège et l'essentiel des plantations se trouvent dans cette région, ces chiffres décrivent le terrain de jeu autant que la responsabilité : quand la production de Tambacounda fléchit, c'est l'approvisionnement du pays qui vacille.

Source : Agence Ecofin

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